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Le
CD Téléphone se raconte a été distribué
par le service de presse de Virgin pour accompagner la promotion de la
compilation "Rappels N°1". Allez
voir les pages consacrées à la discographie de Louis pour
en savoir (un peu) plus.
Ce
CD se trouve facilement dans les conventions de disques d'occasion et
de collection. Sa cote tourne aux environs de 60 FRF. Mais
le moyen le plus simple et le moins cher (gratos !) de se le procurer
aura été pour beaucoup par le biais d'un tree
sur la Bertiliste ;-)))
Quoi
qu'il en soit, même si vous avez raté le tree, que vous n'avez
aucun magasin de collectors ni aucune convention dans votre région,
voici, grâce à Olivier Noblat, un courageux Bertimaniac l'intégralité
des interviews et commentaires de ce CD. Chapeau bas, c'était un
sacré boulot...
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| 1.
Le tout premier concert |
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Le
12 novembre 1976, un certain Jimmy Carter, planteur de cacahuètes
professionnel, se retrouve propulsé par les électeurs américains président
des Etats-Unis. En France, rien à signaler, si ce n'est que le rock
français ne va pas fort, mais personne n'en fait un fromage. A Paris,
un curieux point d'exclamation s'affiche sur les murs, avec la mention
"rock". Pour annoncer un petit concert de rock comme les autres ?
Pas du tout. C'est avec ce concert au centre américain du boulevard
Raspail que débute, un peu par hasard et par chance, l'histoire du
plus grand groupe français de rock, Téléphone. |
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Corine
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On a répété pendant dix
jours, on n'avait jamais joué ensemble avant, mais Jean-Louis connaissait
bien Louis, ils avaient souvent joué ensemble, Jean-Louis connaissait
bien Richard, ils avaient joué ensemble dans un groupe, et moi j'avais
joué un petit peu avec Louis.
Et ce qui s'était passé,
c'est que le groupe de Jean-Louis et Richard, ça avait merdé, mais
ils avaient toujours cette salle du centre américain réservée parce
que ça se réserve très longtemps à l'avance, et ils avaient une
salle et plus de groupe !
Alors comme il connaissait
bien Louis et qu'il savait qu'il pouvait vite se coller à quelque
chose, il l'a appelé en lui disant "bon voilà, on a une salle dans
dix jours pour faire un concert, et j'ai pas de groupe, alors il
faut absolument qu'on le fasse, c'est trop con, c'est trop dur à
avoir, maintenant qu'on l'a, on le fait", et il a dit "bon, Richard
jouera de la batterie, et on n'a pas de bassiste", et Louis a dit
"ouais, mais Corine elle se démerde bien, elle commence à toucher
un peu, on peut essayer avec Corine".
Alors à défaut d'autre
chose, Jean-Louis a dit oui, et puis on est allé pendant dix jours
dans la cave des parents de Richard, ils avaient une cave en-dessous
de leur appart, et...
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Louis
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On
s'est retrouvés dans la cave en bas de chez Richard.
Jean-Louis a commencé
à proposer ses morceaux, que je connaissais déjà parce que je l'avais
déjà aidé à faire des maquettes, et on avait déjà fait quelques
vagues trucs sur scène.
Personnellement, je me
suis occupé des arrangements, comme toujours, genre "ouais ça serait
bien qu'il sonne comme ça mais qu'on enlève un peu cette couleur,
qu'on lui donne plutôt celle-là" et histoire de faire un show qui
soit pas chiant, que ça déboule, qu'il y ait un petit moment où
ça descend pour les sentiments et que ça reparte à la fin, on a
décidé un peu du spectacle qu'on allait faire.
Pas du tout les dégaines
ni rien, parce qu'on ne connaissait pas du tout, je savais pas du
tout que Jean-Louis allait être sexy et tout ça...
On a répété les morceaux,
j'ai dit "bon j'ai fait ci et ça, j'ai ce morceau ce morceau-ci,
on pourrait faire une ou deux reprises, on n'a qu'à faire ça, faire
ci", ça c'était surtout Jean-Louis et moi qui nous occupions de
ça.
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| Jean-Louis |
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Ben
moi je me souviens comment on l'a préparé, les autres ont dû te raconter
ça, toutes les affiches qu'on collait, l'énergie qu'il y avait. |
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| Richard |
On n'avait pas de nom...
On avait collé des affiches
de notre ancien groupe qui s'appelait Semolina - avec Jean-Louis
on avait un groupe - alors on les collait à l'envers et puis on
mettait un point d'exclamation et puis on marquait "concert rock",
on bombait de partout avec tous les potes...
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| Louis |
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On avait marqué "rock,
cinq balles, ça va péter" ou des trucs comme ça...
On avait polycopié à
l'usine où travaillait Olive, en douce comme ça, on avait un millier
de copies qu'on distribuait dans les cafés le soir, alors chacun
à sa manière, chacun faisait la pub qu'il pouvait...
Alors moi j'aimais bien
aller haranguer les mecs avec Corine, leur dire "vous seriez vraiment
cons de rater ça"...
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| Corine |
Et toutes les nuits pendant
dix jours, on a été draguer dans Paris quoi...
Tant et si bien qu'on
s'est retrouvés avec 500 personnes au centre américain, ce qui était
incroyable pour un groupe qui n'existait pas, qui n'avait pas de
nom et dont personne n'avait jamais entendu parler.
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| Richard |
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Ca tombait au moment
des élections de Carter, je crois. Et on avait fait pour qu'ils
annoncent...
Ah ouais on avait fait
un plan super pour qu'ils annoncent à la télé, aux actualités régionales,
on leur avait téléphoné, on leur avait dit "voilà, pour l'élection
de Carter, il y a un grand concert de rock au centre américain",
et ils avaient passé l'annonce aux actualités régionales, on était
vachement content !
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| Jean-Louis |
Ce dont je me souviens
particulièrement, je m'en souviendrai longtemps, c'est quand on
a fait notre petite balance, on avait une sono pourrie - les gars
qui faisaient la sono, c'étaient des gens qui nous employaient pour
faire des rallyes, dans le 16e on jouait des trucs des Stones ou
des Who dans les soirées, et on était bien payés, on arrivait à
être payés 5000 F à l'époque pour trois personnes - et on avait
cette sono-là, puis on a fait notre petite balance, et puis on est
allé au café à côté, comme on faisait souvent à l'époque, boire
un petit remontant ou deux, peut-être fumer un petit pétard même,
enfin...
Puis alors voilà on est
sorti du café, et je me souviens c'était la pénombre, et on sort
du café, et je dis aux autres "il y avait pas... il y a un mur là
dans la rue ?", alors on regarde bien, mais c'était assez loin,
on voyait mal, on approche, on approche, je dis "non mais il y avait
pas de mur tout à l'heure" et tout ça...
Et jusqu'au moment où
on s'aperçoit que c'était une queue de gens qui attendaient, mais
on ne s'y attendait pas du tout nous à ce qu'il y ait... ça faisait
que... effectivement un petit mur traversait le trottoir et dans
la pénombre on avait du mal à voir... alors ça c'était vraiment
un grand moment parce qu'on s'approchait en disant "c'est quand
même pas des gens qui attendent" et tout ça...
C'était bien parce que,
je sais pas combien il y a de personnes, j'ai tendance à grossir
avec le temps, mais il devait bien y avoir 3-400 personnes.
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| Richard |
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Je crois qu'il y avait
à peu près 400 ou 500 personnes, il y avait bien la moitié de gens
qu'on connaissait, et l'autre moitié qui est venue parce qu'on avait
fait une telle pub aussi, je vais te dire, c'était...
Je vais te dire, je te
raconte pas le nombre de potes qu'on a, je vais te dire, on regroupait
à nous cinq, ben tu vois à nous tous là, on regroupait je sais pas
combien de lycées.
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| Corine |
Et il y avait 500 mecs
dont pas mal de potes, et ça a été un concert magique.
D'ailleurs quand je réécoute
la bande, je trouve que ça a pas du tout vieilli, et que c'est vraiment
bon, c'est un des meilleurs concerts qu'on a jamais faits, je crois,
c'est très très bon.
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| Jean-Louis |
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C'était fort comme concert,
et puis il y avait beaucoup d'amis bien sûr, et c'est ce jour-là
que François est devenu manager...
Alors parce que François
c'était un peu le fan numéro un du groupe, et c'était le seul qui
était dans les loges, et pendant le concert - bon ça je l'ai su
qu'après aussi - pendant le concert il y a quelqu'un qui est venu
et qui a dit "il est bien ce groupe, comment je peux les joindre"
et tout, alors François disait "ben je sais pas, il faudrait demander
mais ils sont sur scène là, faudrait attendre qu'ils aient fini
de jouer", et en fait il a donné, c'est lui qui a donné le numéro
de téléphone avec son nom...
Et le gars l'a rappelé,
et c'est comme ça qu'il est devenu manager, simplement comme ça,
et ça a pris deux ans et demi pour qu'il admette qu'on l'appelle
manager de temps en temps, enfin qu'on dise "toi t'es le manager",
alors il disait toujours "non non je suis le copain" et machin...
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| 2.
Avant Téléphone... |
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Flashback!
Avant de trouver la bonne tonalité ensemble, les Téléphone ont chacun
un passé. Itinéraire d'une rencontre à quatre temps, les Téléphone
racontent, les Téléphone se racontent, et d'abord Louis. |
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| Louis |
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J'avais des groupes de
temps en temps, je jouais avec Jean-Louis, Lionel, plein de copains...
Un jour je suis allé
voir une répét d'Higelin et il s'engueulait avec son guitariste,
et un quart d'heure après j'étais en train de faire le boeuf avec
l'autre guitariste et puis Higelin a flashé, il m'a dit "tu veux
jouer ?" "bien sûr".
J'ai bondi sur l'occasion
mais pas comme un gamin qui dit "merci monsieur" mais je me disais,
quand même, le rock ça me connaît parce que même à 18 ans, quand
même j'en jouais depuis 5-6 ans, puis je connaissais tout...
Pour moi c'était un peu
requin les mecs qui jouaient avec Higelin, ils avaient de la technique
mais ils avaient pas les idées de base, les riffs de base, alors
j'ai foutu des riffs de base sur sa musique, puis 3 jours après
on faisait l'Olympia, et il commençait à me dire "ça y est on va
les tuer"...
Le premier que j'ai rencontré,
c'était Jean-Louis. On me parlait de lui dans mon école où je faisais
des concerts, on me disait "il y a un mec à Neuilly, à Pasteur quoi,
il est bon aussi, tu devrais le rencontrer", et puis un jour je
l'ai rencontré, on est allé chez lui, on a joué toute la journée,
c'était impeccable et puis on... je dis pas qu'on se quittait pas
mais on était très souvent ensemble depuis ce jour-là...
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| Jean-Louis |
On jouait soit chez ce
copain qui s'appelait Lionel mais plus souvent Louis avait une 4L
fourgonnette, alors on partait avec la 4L fourgonnette puis on s'arrêtait
au Trocadéro ou à la Concorde, et on se mettait derrière avec 3
guitares sèches et on jouait jusqu'à 4-5 heures du matin dans la
4L fourgonnette, ça faisait un petit local de répétition itinérant.
On fumait là-dedans,
c'était tout enfumé, des fois les flics ouvraient, ils nous trouvaient
tous là, comme des rats timoris en train de jouer tu sais avec les
yeux tout rouges...
Et alors là c'était vraiment
l'apprentissage, avec Louis on jouait du 8 heures par jour ensemble
quoi... de la guitare uniquement, enfin avec des petits, des riffs
comme ça...
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| Louis |
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Le deuxième que j'ai
rencontré, je crois que c'est Corine.
J'allais acheter de la...
enfin j'allais voir des potes et Corine était là, et puis je lui
ai dit "demain on joue dans cette maison, si tu veux tu peux venir
nous regarder"...
Elle venait souvent nous
voir, j'étais la plupart du temps avec Jean-Louis d'ailleurs.
Richard, je l'ai rencontré
dans une soirée, il y a un copain qui m'a dit "viens à une soirée,
tu vas jouer avec Vince Taylor", alors j'y suis allé, j'ai joué
avec Vince Taylor et le batteur qui était là-bas me plaisait bien,
c'était Ritchie...
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| Richard |
Ouais, j'habitais avec
Vince Taylor, et tu sais lui il a un blocage sur les communistes,
remarque il y a pas que lui, et il est complètement barge, je crois
qu'il a dû prendre un acide quelque part, et moi j'ai un nom russe,
Kolinka, il avait déjà entendu mon nom quelque part mais il faisait
"bizarre"...
Puis un jour il a fouillé
dans les papiers, il a vu mon nom et puis il a commencé à me dire
"mais t'es communiste toi, t'es communiste !" alors je disais "mais
non, c'est pas parce que j'ai un nom russe que je suis communiste
!" et puis des fois, tu sais il arrivait, il était à poil et puis
il rentrait dans les chambres avec un marteau, il frappait partout,
il disait "je suis sûr qu'il y a des communistes planqués dans les
murs", et puis il frappait partout pour voir s'il n'y avait pas
un mur creux...
C'était spécial !
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| Louis |
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Higelin,
bon un jour je lui ai dit "ça va", il m'a dit "OK, fais ta vie, fais
ton truc t'as raison" et bon, j'ai habité chez Corine, dans une maison
où elle habitait, elle a daigné m'inviter, j'ai réussi à sortir avec,
ce que j'attendais depuis 1 ou 2 ans... |
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| Corine |
A cette époque-là donc,
tout le monde était assez jeune, on n'avait pas de blé...
Bon nous on avait la
chance d'avoir réussi à se grouper, à avoir suffisamment de blé
pour se louer une grande baraque avec un grand jardin, avec une
cave, et quand tu es un groupe à Paris tout le monde le sait, tu
sais pas où jouer, tu te fais engueuler par les voisins, t'as des
problèmes avec tout le monde, et les endroits où tu peux aller t'éclater
la nuit sont rares.
Alors quand il y a une
baraque comme ça, le bruit circule vite, le bouche-à-oreille tu
vois, et tout le monde rapplique parce que c'est bien quoi !
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| Jean-Louis |
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Ouais non ça j'y étais
tous les soirs après aussi... Tous
les jours quoi, c'était le rendez-vous du soir, on jouait tous les
jours.
La maison de Saint-Cloud,
il y avait beaucoup de jazz-rockeux aussi, il y avait du jazz-rock,
nous on était les plus rock, mais il fallait qu'on s'adapte à faire
des solos, c'est là qu'on à vraiment appris à jouer.
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| Louis |
Je me la coulais douce
là-bas !
Il y avait plein de gens
qui passaient, puis j'avais réussi à m'acheter un Revox avec le
blé du disque d'Higelin, et j'enregistrais des trucs...
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| Corine |
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Quand ils jouaient comme
ça dans la cave, moi je descendais et puis je m'asseyais à la batterie
et puis je tapais sur la batterie, et puis j'aimais ça !
Et donc les bassistes,
ils faisaient chier tous les musiciens comme Louis, spécialement
Louis je me rappelle qui luttait pour le rock tu vois, alors lui
ça a été un militant acharné du rock, Louis, et il trouvait plus
de bassiste qui lui plaisait, parce que tous les bassistes ils se
prenaient pour Stanley Clarke, ils en foutaient partout, et la musique
était pas posée, tu vois la musique était pas assise, et les guitaristes
ils pouvaient plus s'éclater.
Alors bon comme il y
avait des bons batteurs mais pas de bons bassistes, je me suis un
peu orientée vers la basse mais plutôt par raison comme ça de circonstance.
Louis a arrêté de jouer
avec Higelin, et Semolina ça s'est arrêté. Bon alors Jean-Louis
et Richard ils ont glandé un peu chacun de leur côté, je crois Jean-Louis
est parti jouer avec Valérie Lagrange un moment, des gens comme
ça...
Et puis Louis quand il
était avec Higelin, il avait connu Fabienne de Shakin' Street qui
l'appelle un jour et qui lui dit "je sais que tu joues plus avec
Higelin, moi j'ai envie de faire un groupe, est-ce que tu peux venir
m'aider ?"
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| Louis |
Alors
je suis allé répéter 2-3 fois avec eux, c'était sympa comme j'avais
rien d'autre à foutre, on a dit "bon on fait un groupe, on sait pas
combien de temps ça durera, on essaye" et puis comme il y avait pas
de bassiste, et que Corine aimait bien venir aux répéts, un jour on
lui a dit "bon ben essaye"... |
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| Corine |
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Et moi j'étais avec Louis
quoi, c'était mon copain alors je l'ai accompagné parce que j'avais
rien d'autre à foutre, j'avais déjà arrêté de danser parce que je
savais que c'était râpé, que ça me plaisait plus, que de toute façon
physiquement je tenais pas le coup parce que tu peux pas danser
8 heures par jour et dormir 1 heure par nuit, c'est pas possible,
et on est arrivé et le bassiste il était pas là.
Alors Louis m'a dit "ben
tiens puisqu'il n'y a pas de bassiste, prends la basse", et puis,
le lendemain, pareil, puis le surlendemain pareil, tant et si bien
que je suis devenue la bassiste de Shakin' Street.
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| Jean-Louis |
Il
y a Richard aussi, c'était un travailleur quand on l'a rencontré,
il voulait vraiment quoi, vraiment Richard a une force... |
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| Richard |
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Pendant
au moins un an j'ai joué sur des cartons, sur des barils de lessive
parce que j'avais pas les moyens de m'acheter une batterie, je jouais
sur des cartons, il y a un tambourin qui me servait de cymbale...
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| Jean-Louis |
Puis il travaillait,
il travaillait, dans une cave sordide en-dessous de chez lui il
travaillait, avec un bassiste ils jouaient depuis l'âge de 10 ans
ensemble, basse batterie, et des fois même sans guitariste, t'arrivais,
à la guitare t'avais du mal à te placer parce que à deux c'était
une montagne, ils jouaient mais c'était presque comme des jumeaux
quoi.
Avec ce bassiste et avec
Richard, on a enregistré un 45 tours, j'ai joué 2 ans avec ce groupe.
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| Richard |
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Ca
a duré 4 ans, je dirais 4-5 ans, ah ouais j'ai donné toute ma vie
! |
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| Jean-Louis |
Puis
avec Richard, avec sa pêche qu'il avait et tout on avait nos monobandes
sous le bras et alors là avec lui on a été frapper à toutes les portes
des maisons de disques... |
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| Richard |
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Là
on essayait vachement d'aller voir tout le monde, toutes les maisons
de disques, et toutes les maisons de disques nous disaient "mais vous
chantez en français, ça marchera jamais, il faut chanter en anglais",
nous on leur disait "mais putain vous nous faites chier avec votre
anglais, on est français, on chante en français et puis c'est tout
!" |
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| 3.
Les tout débuts... |
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Voilà,
c'est fait ! Les pièces du puzzle sont assemblées, le groupe est formé
pour ce tout premier concert au centre américain, un concert tellement
mémorable, tellement fort que Corine, Jean-Louis, Louis et Richard
décident de continuer leur route ensemble. Reste une formalité à liquider
: trouver un nom à ce groupe. |
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| Richard |
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On se réunissait, et
puis on avait des listes, des noms, alors ça allait de tout des
noms bidons à des super noms, n'importe quoi quoi... on ouvrait
tous les canards tu sais, on était là bon au hasard hop je regarde,
bon "chiotte" non c'est pas possible, hop on refermait, et puis
un jour Jean-Louis m'appelle, et puis il me dit "qu'est-ce que tu
penses de téléphone ?" parce qu'au départ, on pensait aussi télévision,
mais il y avait eu un groupe qui s'appelait télévision donc on pouvait
pas le prendre, c'était dommage.
Moi je réfléchis "téléphone,
pourquoi pas" et puis il me dit "mais si", parce qu'en plus téléphone
ça avait l'avantage d'être compris un peu partout tu vois, téléphone
c'est international, alors ça tombait bien.
En plus c'est un moyen
de communication, enfin tu vois l'image !
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Les
explications arrivent après le choix du nom ! |
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| Richard |
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Voilà tu vois ! alors
ça c'est la spécialité à Jean-Louis, tu verras il t'expliquera vachement
bien, il arrivera à te faire gober n'importe quoi...
Alors il me dit "j'ai
appelé les deux autres, ça leur plaît bien", j'ai dit "ben ouais,
moi aussi je trouve ça bien", puis voilà !
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| Corine |
Tu veux faire quelque
chose, tu te remues le cul évidemment, et puis c'est facile, c'est
facile je veux dire, t'as deux amplis, trois guitares, une caisse
claire et une grosse caisse, t'as envie de jouer, tu joues, si t'as
vraiment envie tu joues.
Tu sais le premier concert
qu'on a fait, on avait une 4L camionnette, on avait le matos derrière,
il y en avait deux assis sur les amplis, deux assis devant, et puis
voilà !
Et on a tourné comme
ça pendant un an et demi, il y avait aucune structure pour nous
accueillir, mais à la fois on avait de la chance parce qu'on était
les seuls à le faire, et les structures on les créait au fur et
à mesure qu'on arrivait quelque part.
Bon, moi je me souviens
du premier concert où on a gagné de l'argent, c'était à Hyères,
à la MJC de Hyères, c'était après au moins un an, et on a gagné
30 francs, et on se l'est partagé en six, et on était super contents
!
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| 4.
Le premier album... |
| Corine |
Les maisons de disques,
on n'est pas allé les chercher en se faisant jeter, c'est eux qui
sont venus nous chercher.
Parce qu'on a tourné
pendant un an et demi en se démerdant, et tant et si bien qu'il
y a eu une rumeur publique qui s'est créée où dans le milieu ça
a commencé à circuler, à dire "dis donc, t'as pas entendu parler
de ce petit groupe là, Téléphone, ça a l'air super" et tout... et
c'est les maisons de disques qui nous ont appelés, et on les a fait
marcher pendant deux mois je peux te dire, on les a fait marcher,
on était écroulés de rire.
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| Louis |
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Bon alors tout le monde
a rappliqué, toutes les maisons de disques, François qui arrivait
"tiens aujourd'hui il y a CBS, Philips, ce soir on dîne avec Vogue,
on dîne avec Pathé"...
On allait au dîner, on
était dans les grands restaus...
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| Corine |
On s'est fait des repas
mémorables, mémorables avec des gros cons avec leur cigare, tu vois,
à qui on faisait fumer des pétards, après ils étaient malades, ils
allaient gerber aux chiottes et tout...
On s'est fait des trucs,
des souvenirs mais on crève de rire à chaque fois qu'on en parle
!
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| Richard |
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Nous on s'éclatait, on
se bourrait la gueule tu sais, enfin on n'avait pas l'habitude,
alors on était là "ouah"...
Un mec chez Philips,
il nous reçoit dans le bureau, il avait un fauteuil qui se balançait,
tu sais, le dossier qui se renversait un peu, et le mec il s'est
cassé la gueule !
Et nous on était pliés
de rire dans le bureau, il était con ce mec !
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| Corine |
En fait, on a signé chez
Pathé uniquement parce que c'était la seule maison de disques où
on a rencontré un mec avec qui on arrivait à communiquer, et qui
s'appelait Constantin.
Et sinon tous nous offraient
à peu près la même chose puisqu'ils voulaient tous nous signer,
alors on leur disait "ouais mais machin, CBS ils donnent ça", et
les mecs ils rappelaient le lendemain, ils disaient "ah ben ça y
est, c'est d'accord pour tant", et en fait ils nous offraient tous
la même chose et ça nous intéressait pas trop de se faire produire
par des mecs sympas, qui étaient nos potes et qui allaient essayer
de lancer une petite maison de production et tu vois, la galère
qui continue, ça nous intéressait pas trop, et comme on avait une
position de force, on s'est dit "autant faire cracher les gros tout
de suite, puisqu'on peut faire cracher les gros, on fait cracher
les gros".
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| Jean-Louis |
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Quand
le premier est sorti, on était tout neufs quoi, alors on s'angoissait
quand même à sa sortie. |
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| Corine |
La maison de disques,
Pathé, ils nous avaient dit, on va commencer à toucher du blé à
partir de quarante mille, leur grand espoir, c'était d'en vendre
quarante mille parce qu'à partir de quarante mille, ils commençaient
à toucher du blé eux, et nous on commençait à toucher du blé aussi
puisque l'avance était remboursée.
Et on en a vendu je sais
plus combien là, cent mille en trois fois je sais pas combien, tout
le monde était surpris !
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| Richard |
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Ah ouais, on était fou
de joie !
Tu sais, et puis quand
tu passes à la radio, tu sais, t'attends "ouais écoute c'est nous
c'est nous c'est nous !"
On téléphonait pour se
faire monter au hit-parade, on prenait des voix différentes parce
qu'au bout d'un moment , tu sais les mecs ils nous reconnaissaient,
tu sais ils disaient "encore vous !" alors on prenait des voix de
gonzesses, des voix de mecs avec des accents, sans accent enfin...
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Ah ouais ? Toute la bande à Téléphone a fait
ça ? |
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| Richard |
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Ah,
tu m'étonnes ! |
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Donc,
t'es en train de prouver que les hit-parades sont truqués ? |
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| Richard |
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Euh... je ne prendrai
pas position là-dessus...
hmm, enfin... c'est un
petit peu truqué, non il faut laisser rêver les gens, non non c'est
pas truqué, absolument pas, tu déconnes !
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| 5.
Crache ton venin. |
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2
avril 1979, Téléphone publie son deuxième album, "Crache ton venin",
avec des titres comme "Fait divers", "Un peu de ton amour" et surtout
"La bombe humaine" qui s'impose comme un classique notoire. |
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| Jean-Louis |
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"La bombe humaine", c'était
une nouvelle, en prose complètement, une petite nouvelle, je voulais
faire une petite nouvelle un peu d'anticipation, de science-fiction,
et que j'ai réécrite, réécrite, après il y a une espèce de musique
qui s'est greffée dessus quoi, qui m'évoquait quelque chose, je
me suis dit que ça irait bien avec "La bombe humaine", puis il y
a ce mot qui est apparu, qui est ressorti du texte, sans recopier
à chaque fois si tu veux, je réécrivais, je réécrivais, et ça a
fait plein d'états, et de 50 pages ça s'est transformé en 10 lignes,
pour coller à la musique et tout ça.
Et c'est marrant parce
que... un an après j'ai retrouvé l'original, le disque était enregistré
et tout, et je me suis aperçu que dans les dix lignes, il y avait
rien qui manquait par rapport aux 50 pages, que toutes les idées
dans les dix lignes, des 50 pages étaient contenues, puis une chanson
je crois que c'est un peu comme un poème, il y a un moment t'as
l'impression que c'est fini, que ça te plaît, mais des fois ça te
dépasse un peu, tu sais pas pourquoi ça te plaît, puis il y a un
endroit où t'as pas très bien saisi le sens toi-même, tu trouves
que c'est bien.
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La
pochette de l'album "Crache ton venin", réalisée par Jean-Baptiste
Mondino, fait jaser un tantinet. Normal, sous un cache en plastique,
gentiment perfide, chaque Téléphone se révèle dans le plus simple
appareil. |
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| Corine |
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En fait on voulait se
mettre à poil, ça marchait qu'avec le gadget en plastique, c'est-à-dire
la pochette originale, c'était un dessus en plastique transparent
avec juste nos fringues en noir imprimées sur le plastique, et quand
tu tirais la pochette intérieure, il te restait dans une main un
plastique transparent avec des habits, et dans l'autre main des
gens à poil.
Et donc, c'était une
manière de dire que sur les disques, un peu, on se déshabillait,
que dans notre musique, dans ce qu'on faisait, on se déshabille,
ce qui est vrai !
En fait, s'ils ont pas
de bite sur la pochette, c'est uniquement parce que c'était horrible,
c'était très très laid ! Au départ, on voulait simplement dire voilà,
on se déshabille. Ils étaient tellement laids que bon, on leur a
fait croiser les jambes !
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| Louis |
Alors
on a rangé les queues, on les a mises sous les... entre les cuisses. |
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| Richard |
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Oh mais on s'est marré
tu sais, on les avait faits avec Mondino, tu vois lui s'était foutu
à poil aussi pour les faire, on se fendait la gueule.
Et c'est marrant parce
que aux Etats-Unis et un peu partout, ça a vachement choqué, cette
pochette.
Ouais c'est dingue...
en fait on est vachement avancés en France à ce niveau-là, niveau
cul je crois que...
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| Corine |
Entre
parenthèses, on a fait un Polaroid de derrière... et... c'est bien
hein! |
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| 6.
Premiers pas à l'étranger. |
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En
France, Téléphone aligne disque d'or et tournée triomphale, ce qui
n'empêche nullement ses membres de poursuivre leur route comme ils
l'entendent, comme ils en ont envie. Justement, pour répondre à une
furieuse envie, leur route traverse les frontières et les conduit
en vrac en Italie, un peu partout en Europe, aux Etats-Unis et en
Angleterre où Téléphone se produit au fameux festival de Reading.
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| Richard |
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Ha là là, l'enfer!
Tu sais, on est arrivés
sur scène, les mecs ils disent "Bon maintenant de Paris, voici le
groupe Téléphone".
On arrive, on n'avait
même pas joué, tout d'un coup avalanche de canettes, mais vraiment
pluie de canettes tu vois, et les mecs qui sortent des drapeaux
anglais, qui les agitent, c'était la guerre carrément, le délire
total.
Et il y avait des Français
qui étaient devant, et grosse bagarre tu vois, les Français qui
balançaient des canettes sur les Anglais, les Anglais des canettes...
enfin tu vois c'était la guerre de cent ans qui recommençait !
Ils pensaient qu'on allait
se tirer, mais on a tenu le coup, et à la fin ils nous ont rappelés
tu vois, là on a gagné une grande victoire.
Ils sont hyper racistes
les Anglais, je vais te dire, c'est peut-être le public le plus
dur, il y a quand même que là-bas que ça peut arriver tu vois, je
vais te dire, t'as même pas joué donc ils peuvent même pas te dire
si c'est bien ou si c'est mal, t'as même pas encore joué, les mecs
ils te sortent les drapeaux anglais et ils te balancent des canettes,
des pierres sur la gueule et tout ça...
Alors on a joué à mort,
alors là je vais te dire on était méchants, et puis au bout de quatre
morceaux ça s'est arrêté, même pas non deux ou trois morceaux ça
s'est arrêté, après ils ont commencé à applaudir, de plus en plus
applaudir, et on était le seul groupe à être rappelé ce jour-là
tu vois, alors là j'étais très fier.
Parce que au début, je
pensais pas qu'on allait finir le concert tu vois, parce que quand
même Reading il y avait genre 20.000 personnes, quand t'as 19.000
personnes qui te balancent des canettes sur la gueule, t'imagines
ce que ça fait!
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| 7.
Au coeur de la nuit. |
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Le
20 octobre 1980, Téléphone publie son troisième album, "Au coeur de
la nuit", concocté à Berlin, à Paris et à New-York. |
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| Richard |
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Au départ, on voulait
l'enregistrer à Berlin parce que Berlin, moi c'est une ville que
j'adore, c'est très laid mais c'est un endroit incroyable, c'est
une île sur Terre quoi, c'est ça qui est dingue, c'est complètement
entouré...
On avait trouvé un studio
et on arrive dans le studio et... ronflement... Parce que tu sais
ils jouent sur des vieux amplis à lampes et des vieilles guitares...
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Qui "ils" ? |
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| Richard |
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Jean-Louis, Corine et
Louis, les trois de Paris, et tu vois là-bas il y a plein d'ondes,
je sais pas ils ont des trucs militaires, des grandes tours avec
plein d'antennes pour recevoir plein de trucs, et ça faisait un
ronflement, ce qui ne se passe pas avec les amplis à transistors
et tout ça tu vois...
Alors hop, on prend tout
le matos, on arrive à Paris, on fait les bases à Paris, et on va
à New-York parce que on avait envie d'aller à New-York, on trouvait
ça bien quoi, c'était la maison de disques qui payait, on en profitait
!
On arrive à New-York,
justement dans le studio où Lennon a enregistré son dernier disque,
il était juste au-dessus de nous, on entendait tout quoi.
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Vous l'avez rencontré ? |
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| Richard |
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Non malheureusement on
l'a pas croisé, on a croisé sa Cadillac, son garde du corps, ses
bandes aussi, ses morceaux on les écoutait tous, il en avait enregistré
plein, il y en a certainement qui vont sortir parce que... il en
avait enregistré au moins 40 morceaux, je sais pas...
Et là pareil, c'était
un immeuble qui était, un studio qui était en hauteur, et pareil
on recevait toutes les fréquences de partout tu vois, les radios,
avec les tours je sais pas ce que ça fait en fait... J'y connais
rien, mais disons que ça faisait plein d'ondes et tout...
Et pareil, on a tout
essayé, et puis bon ça a pas marché, et puis on est allés à l'Electric
Ladyland, et là c'était un studio en sous-sol, et alors là ça a
marché !
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"Au
coeur de la nuit", la chanson, ça a été écrit pour qui ? |
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| Jean-Louis |
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Eh ben, j'avais un ami,
c'était un gars qui était orphelin, qui avait une très belle gueule,
qui parlait toujours tout doucement...
Il s'appelait Jeff, et
dans la vie il se débrouillait toujours bien, avec le sourire et
partout où il allait, il avait.. les gens lui souriaient et il avait
toujours quelqu'un de très speed avec lui.
C'était un peu un gourou
de la vie ce gars-là quoi, c'était un grand ami, il m'a éclairé
aussi sur plein de choses, on était pas mal de copains à aller le
voir, il était jeune hein, il avait peut-être mon âge.
C'est lui aussi qui m'a
donné la force de faire ça sûrement, qui m'a encouragé tout le temps,
qui m'a ouvert les horizons dans ma tête, et puis pour te citer
quelques exemples, rien de matériel ne pouvait l'atteindre dans
la vie, alors il accumulait, il avait une chaîne, des disques, un
moment, la plus belle de nous tous... On allait chez lui écouter
de la musique tout ça... Moi il me donnait tout.
Un jour on lui a tout
braqué, j'étais là d'ailleurs, c'était des gars avec des couteaux
quoi, on avait les couteaux sous la gorge, il y avait un énorme
serpent aussi et tout ça, c'était marrant, très gentil quoi... Il
a pris tout ça avec le sourire et quand les gars sont sortis, très
rapidement il a dit avec sa petite voix, "mais vous oubliez le serpent,
vous pouvez le prendre aussi, il vaut de l'argent"... Puis alors
les gars, comme c'était des loubards et tout, ils ont dit "non non,
pas le serpent ! ta gueule, ta gueule !" et tout ça...
Et puis un jour, il a
senti que quelque chose allait pas, que ça sentait le roussi, alors
il est parti en Inde, à Goa, et un jour mais on a mis longtemps
à y croire, on a appris qu'il s'était noyé là-bas.
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| 8.
Dure Limite. |
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En
octobre 1981, les Téléphone sont à Londres où ils donnent un concert
en première partie des Ramones. Deux mois plus tard, ils signent un
nouveau contrat d'enregistrement avec Virgin, et trois mois plus tard,
Téléphone commence l'enregistrement de son quatrième album, "Dure
limite". |
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| Jean-Louis |
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Ca a été long "Dure limite",
ça a été long, alors ça a été peut-être un peu épuisant physiquement,
puis ça a été beaucoup travaillé quoi, c'était un nouveau style,
une nouvelle manière de faire.
L'accouchement avant
l'enregistrement, il a été un peu dur aussi. "Dure limite" quoi
cette chanson par exemple, elle était dure à écrire, j'aimais pas
tellement y toucher... Ca tenait à coeur tu vois de le dire, et
puis je savais pas comment le dire et puis elle me faisait mal un
peu, cette chanson.
C'était un morceau qui
est passé par plein d'autres idées, des idées que j'ai éliminées,
et je me souviens la première idée, elle a été écrite devant le
mur de Berlin, le truc s'appelle "le mur de Berlin". Ca commence
"le mur de Berlin n'a pas, n'a pas de fin", puis après ça dit d'autres
choses, il y a un petit dessin à côté avec un militaire allemand,
c'est dans mon petit carnet ça, je l'ai encore !
Tu vois, il y avait un
moment, il fallait que je finisse et j'avais pas tellement envie
de finir, puis après c'est revenu, je crois que j'étais fatigué,
je crois que j'avais besoin de vacances, je suis parti m'isoler
quelque part en forêt, dans un hôtel pourri pour écrire quoi, parce
que j'étais sollicité par beaucoup de gens et j'étais trop dispersé.
Je noircis du papier
beaucoup, j'écris tout le temps toute l'année, pas que des chansons,
j'écris d'autres choses, souvent des choses courtes, ça m'arrive
de picorer dans ce que j'écris, il y a des idées qui me frappent
et je me retrouve avec une accumulation de chansons plus ou moins,
si tu veux il y a une part de hasard, de destin et de la vie que
je mène quoi, si je mène une vie con j'ai des idées con, et si je
mène une vie, si je rencontre des gens intéressants tout ça, ça
peut être quelqu'un qui gueule un truc dans la rue, je sais pas
par exemple tu vois au café à côté là il y a un truc...
Je peux te confier, peut-être
quelqu'un va me piquer l'idée... est-ce que je le confie... au café
il y a un petit écriteau, "vous n'êtes pas responsable de la tête
que vous avez mais vous êtes responsable de la gueule que vous faites".
Bon, je trouve, ça peut faire un très bon refrain !
Tu vois, alors ça c'est,
ça c'est un truc que je peux prendre, j'irai leur demander si je
peux...
J'ai horreur des chansons
qui pourrissent, qui peuvent pas avoir de sens, pour moi une chanson
tu vois je la teste, même avec ma vie il faut qu'elle marche toujours,
il faut que ça fonctionne sur moi quoi, même si ma vie change beaucoup
dans son truc matériel, pour moi un bon poème ou une bonne chanson
ça doit être comme un petit copain quoi, ça peut te suivre si tu
l'aimes bien, ça peut te suivre et tu l'aimes toujours, puis ça
marche toujours quoi.
Je lis tout, depuis que
je suis tout petit je lis des bouquins, mais il faut qu'ils me plaisent
vraiment, mais je lis aussi les publicités dans ma boîte aux lettres
ou les publicités dans la rue, je lis aussi ce qu'il y a écrit sur
les boîtes de médicaments toujours, tu vois enfin les trucs, le
peroxydes d'hydrocarbone, ça me fait marrer quoi, ces noms.
J'arrive chez le dentiste,
il y a "le Point", je lis "le Point". Par contre, pour "ex-Robin
des bois" je me suis inspiré d'un article du "Monde".
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| 9.
Les Stones. |
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C'est
le 3 juin 1982 que sort l'album "Dure limite". 11 jours plus tard,
Téléphone se retrouve en première partie du concert des Rolling Stones
à l'hippodrome d'Auteuil, à Paris. Anecdotes... |
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| Louis |
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Bon les Stones voulaient
qu'on fasse toutes les dates.
Au début ils nous ont
dit, c'est toutes les dates ou rien, et comme on voulait faire une
tournée qu'on va faire là d'ailleurs, on s'est dit c'est con si
les mecs nous voient deux fois à un mois d'intervalle, c'est dommage,
donc on a refusé.
Bon après, les Stones
ont rappelé, ils ont proposé autre chose, genre "vous faites Paris
et Lyon", ou "vous faites Nice", nous on disait "non on veut faire
ci, on veut faire ça" !
Et en fait, nous on disait
toujours le truc qu'on pensait qu'ils refuseraient, parce qu'on
n'avait pas envie de le faire.
A priori s'ils nous ont
demandé, c'était pour eux, c'est pas pour nous faire plaisir, c'était
parce que c'était classe pour eux d'avoir le premier groupe dans
chaque pays où ils allaient et que si on avait refusé, je sais pas,
c'était encore un peu de leur dorure qui s'en allait...
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| Richard |
Et puis bon, à force
de se rappeler, de s'appeler, puis ils nous ont invités à les voir
dans une toute petite salle en Angleterre, ça c'était super, on
les a vus devant 2000 personnes, il y avait plus toute la frime,
ils étaient hyper simples, concert de rock, ils nous avaient vachement
bien placés, en plein milieu, après ils nous invités dans les loges,
putain j'étais content !
Avec Jerry Hall qui te
parle en français, qui te dit "oh votre disque est merveilleux"
alors qu'elle l'a certainement pas écouté tu vois, puis qui te sert
des tas de trucs à boire, à manger, t'as Jagger qui vient te parler,
enfin tous qui viennent... Nous on était là dans la loge, ah !
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| Corine |
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C'est
pour ça que depuis, j'arrête pas de dire à tout le monde que je déteste
Mick Jagger ! |
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Pourquoi,
il a été comment avec vous ? |
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| Corine |
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Une pute...
Comme il est avec tout
le monde. Une pute ! un arnaqueur ! un mec qui te baise la gueule,
qui te fait des plans, qui te met les lunettes quand il faut, les
enlève quand il faut, qui te sert du café quand il faut, qui t'adresse
pas la parole quand il faut, et qui te fait des plans, qui mène
son business.
Il nous a utilisés parce
qu'il arrivait pas à vendre ses billets. Il nous a utilisés, il
nous a eus au chantage, au chantage sentimental justement, et c'est
pour ça que moi les sentiments maintenant, j'y fais gaffe, en nous
disant "comment, vous le plus grand groupe français, vous savez
bien que quand les Stones passent quelque part, c'est le plus grand
concert de rock, c'est le plus grand événement rock, alors il faut
que vous soyez là, si vous aimez le rock !"
Et nous on aime le rock,
alors on a dit oui, enfin je veux pas en parler, parce que... je
le hais !
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| Richard |
On a quand même été vachement
fans d'eux, et moi ça me faisait vraiment plaisir de jouer avec
eux, quoi qu'il arrive, même si on se faisait virer ou n'importe
quoi...
J'étais vraiment content
de jouer avec eux. Bon je crois qu'on n'était pas très bons ce jour-là,
mais enfin..
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| Louis |
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On entendait mal à ce
concert, on n'entendait rien de ce qu'on faisait...
Tout était inversé, tous
les micros, toutes les guitares étaient inversés.
Quand je demandais qu'on
me monte un peu la guitare de Jean-Louis, on me montait la mienne,
tu vois, et les micros pareil, et partout, quand... c'était Bob
Ezrin qui faisait le son dans la salle, il pensait monter Jean-Louis,
il me montait moi !
Tout a été inversé, "sabotage
!" est le mot qui vient le plus facilement à l'esprit.
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| 10.
et ensuite ?... |
| Corine |
Téléphone maintenant,
c'est une entreprise.
Ca fait bouffer plein
de gens, ça fait travailler plein de gens, et quand j'ai commencé
Téléphone, j'avais jamais pensé à ça, parce que je suis un peu bête
et que je pense pas à l'avenir et que je m'en foutais, qu'on s'éclatait
avec des potes, on faisait ce qu'on aimait, on avait tous largué
les études, les parents, tout ce qu'on nous avait proposé avant
ça nous plaisait pas, et Téléphone ça nous plaisait.
Et on avait l'impression
d'être sur la route, il y a plein de chansons qui le racontent quoi,
d'être sur la route, de faire ce qu'on a envie, et maintenant on
aime toujours ce qu'on fait mais il y a des contraintes.
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| Richard |
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On
s'est bien éclatés, en se disant vraiment, on s'est bien fendu la
gueule. |
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| Louis |
Il y a des bons, surtout
des bons souvenirs qui reviennent...
Tu sens une vague responsabilité
quand même, on n'a pas vraiment le droit de se casser la gueule.
Si on n'a pas le droit
d'arrêter on ne peut pas arrêter d'abord, même si on s'engueule
des fois au milieu du groupe, ce qui arrive depuis 6 ans, qui arrive
partout, on sent que ce serait moche d'arrêter.
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| Jean-Louis |
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T'as pas le droit de
le foutre en l'air pour une petite histoire de merde !
Et puis il y a des pièges
connus, qu'on connaissait au début, puis il y a des pièges un peu
plus vicieux tu vois, pour un groupe, et il faut arriver à les déceler,
les éviter.
Je crois qu'on doit être
un peu un exemple aussi, pas dans le sens que tout le monde doit
faire ce qu'on fait du tout, ni comme on le fait, mais un exemple
que c'est possible, un exemple d'indépendance, de liberté, de jeunes
qui arrivent à réaliser un truc ensemble.
C'est vrai que c'est
un rêve adolescent, et que il y a beaucoup de gens qui ont des rêves
adolescents et qui les enterrent, et c'est aussi l'exemple de ça,
de la passion qu'il faut pas enterrer quoi.
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Le
disque que vous venez d'entendre a été pondu, monté, décortiqué et
réalisé par Sylvie Faiveley et Richard Adaridi, avec la complicité
efficace de Joey Cool. Et pour terminer un petit cadeau quasiment
en stéréo audionumérique, voici un collector's, c'est la maquette
de "Cendrillon", telle que Louis Bertignac l'a gambergée chez lui,
vers 1981-82. |
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Cendrillon n'a plus 20 ans Et plus d'enfants depuis longtemps
Son bel amant a foutu
le camp Avec la belle au bois dormant
Elle ne sait plus où ni comment Tout ceci est tellement loin
Et Cendrillon n'a plus le temps Elle fait ses malles, reprend ses
biens, elle part...
Pendant
son sommeil infini La belle au bois s'est endurcie
Cent ans d'inaction ont suffi A la changer en junkie
Une infirmière lui serre le bras Ses jolis cils ne frémissent pas
Les tuyaux dansent dans l'ambulance Et tout ça n'a plus d'importance,
elle part...
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| Richard |
Ah,
ça s'est arrêté ! |
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